Reporters aux frontières du Venezuela

Tout porte à croire qu’ils repoussent les limites et bravent tous les dangers pour s’emparer de l’actualité autrement insaisissable, mais quand il s’agit du Venezuela, les Reporters Sans Frontières se contentent surtout de relayer la propagande dominante.
Petit état des lieux…
En 2007, ils accusent le gouvernement vénézuélien de censure abusive, et soupçonnent Hugo Chávez de vouloir interdire tout média d’opposition. Mais en y regardant de plus près, on peut douter de l’objectivité de l’organisation soi-disant indépendante qui lance ces accusations. S’accommodant des informations provenant de l’opposition virulente qui sévit au Venezuela, RSF s’empresse alors de dire, appuyé par les médias et les dirigeants de l’Union Européenne, que « ne pas renouveler la concession de Radio Caracas Televisión (RCTV) serait une atteinte à la liberté d’expression » . C’est ainsi qu’en Europe, tout le monde chantera en chœur le même refrain et les médias français ne seront pas en retrait dans cette chorale.

RSF : Informer tue

Et désinformer ?!

Selon RSF, la chaine RCTV aurait donc été « réduite au silence » de façon illégitime et « autoritaire ».
Mais c’est faux ! En 2012, cette chaine émet toujours au Venezuela et partout ailleurs. Elle est loin d’être réduite au silence. La concession hertzienne qui lui était accordée ne l’était pas à vie, et ça ne l’empêche pas d’émettre via le câble ou le satellite. Puis quand on connaît l’activité politique favorite de RCTV (une télévision entretenue par de riches héritiers) on peut comprendre que le gouvernement ait préféré laisser cette concession à une chaine publique et sociale (TVes). Ajoutons que RCTV était la principale chaine de l’opposition, et la plus regardée à l’époque. Elle a également joué un rôle très important dans le coup d’Etat en 2002.

Ragots Sans Frontières en remet une couche en 2009, quand les locaux de Globovision sont « pris pour cible ». Très rapidement, le gouvernement vénézuélien sera accusé d’avoir organisé l’événement. RSF ira même jusqu’à dire, aveuglé par une incroyable ignorance (?), que Globovision est « la dernière chaine d’opposition » (insinuant que Chávez veut le monopole médiatique pour faire sa propagande). Rappelons donc que la majorité des médias est privée au Venezuela, qu’elle soutient l’opposition au gouvernement actuel, et que c’est seulement depuis quelques années que les médias se démocratisent dans le pays. Il est donc malhonnête d’affirmer que Chávez censure la critique sans raison, car si il y a bien un pays dans lequel la majorité des médias critique le gouvernement sans scrupules, c’est le Venezuela. Pour enfoncer le clou, les médiacrates qui dominent l’actualité sont unanimes quand ils parlent du gouvernement vénézuélien : ils parlent de Chávez avant tout, comme si ce Président était un dictateur aux pleins pouvoirs. C’est là encore une désinformation presque (?) organisée, car il suffit d’étudier et observer les institutions de la République Bolivarienne du Venezuela (démocratiques et participatives) pour cerner la malhonnêteté de ces propos, et s’apercevoir que les pouvoirs sont bien moins concentrés sur le président vénézuélien que sur la plupart des dirigeants « démocrates » qui gouvernent en Europe et aux USA.

Alors on entend souvent parler du sulfureux Hugo Chávez, mais étrangement on n’entend jamais ses opinions, ses objections, ses argumentations (ou tronquées et souvent hors contexte). C’est pourtant le premier concerné. Voici donc ce qu’il pense de la médiatisation de cette histoire… C’était lors d’une conférence de presse donnée à l’Assemblée Générale de l’ONU, le 27 Septembre 2009. Chávez répond à une journaliste et dément les accusations portant sur la censure des médias au Venezuela :

La jeune journaliste Tala Dowlatshahi (dont le nom est écorché dans les sous-titres) s’est vite rendue compte qu’elle aurait du s’informer avant de parler d’indépendance des médias, sans connaissance du sujet et sans preuve, au dirigeant d’un pays qui a vu naître plus de 240 radios et 35 TV communautaires ces dix dernières années. Et pour finir, on notera quand même que les médias occidentaux (les plus influents) nous présentent Chávez comme un danger pour la liberté d’expression, mais ils sont les premiers à ignorer ses discours, et à ne parler de lui que pour l’accuser, le critiquer et le calomnier sans jamais lui donner l’occasion de s’exprimer sur toutes ces diffamations. Du mépris ? De la mauvaise foi ? Un peu des deux sûrement…

Chavez lit Chomsky

A voir également : « Le Signal est à Tous« , un documentaire relatant les abus et le comportement anti-démocratique de la fameuse chaine de télévision RCTV.

Y. Perez

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